Vous pensiez que l’automatisation no-code avait atteint ses limites ? Make.com vient de bousculer cette certitude avec ses AI Agents, une fonctionnalité qui transforme la plateforme en véritable cerveau autonome. Fini les scénarios rigides où chaque condition doit être anticipée manuellement. Les agents IA de Make prennent des décisions en temps réel, interprètent vos instructions en langage naturel et orchestrent vos outils comme le ferait un assistant humain, mais sans pause café.
Cette annonce marque un tournant stratégique pour Make.com. Face à la montée de n8n et ses capacités IA avancées, la plateforme devait répondre.
Et la réponse est musclée : des agents capables de raisonner, planifier et exécuter des tâches complexes sans que vous ayez à programmer chaque embranchement.
Pour les entreprises qui jonglent entre CRM, emails, Slack et bases de données, c’est une promesse d’efficacité redoutable.
Que valent réellement ces AI Agents ? Quelles sont leurs limites ? Et surtout, comment se positionnent-ils face à n8n qui dispose d’une architecture IA native depuis plus longtemps ?
Ce guide décortique tout : fonctionnalités, cas d’usage concrets, pricing et comparaison honnête entre les deux plateformes.
Qu’est-Ce Que Les AI Agents De Make ?
Un Agent IA Make n’est pas simplement un module d’automatisation supplémentaire. C’est un assistant autonome piloté par un Large Language Model (GPT-5, Claude ou autre) capable d’interpréter un objectif formulé en langage courant et de déterminer lui-même comment l’atteindre.
Concrètement, au lieu de construire un scénario avec des dizaines de filtres, routeurs et conditions « si/alors », vous décrivez ce que vous voulez accomplir.
L’agent analyse le contexte, sélectionne les outils appropriés parmi vos scénarios existants et exécute les actions nécessaires.
Automatisation Traditionnelle Vs Agents IA
Avec un scénario Make classique, chaque possibilité doit être anticipée. Un email arrive ? Vous devez prévoir les branches : est-ce urgent ? Le client est-il VIP ? Faut-il répondre automatiquement ou escalader ? Chaque cas nécessite sa propre logique.
L’agent IA fonctionne différemment. Vous lui donnez une instruction du type : « Analyse les emails entrants, identifie les demandes urgentes des clients premium et réponds-leur en priorité. Pour les autres, classe-les par sujet. » L’agent interprète chaque email individuellement et décide de l’action appropriée.
Cette différence élimine ce que les utilisateurs Make appellent les « usines à gaz », ces scénarios tentaculaires devenus impossibles à maintenir après plusieurs mois d’ajouts successifs. Si vous avez déjà exploré la création d’agents IA sur Make, vous savez combien cette simplification change la donne.
Architecture Et Vision De Make
Les agents s’appuient sur des scénarios « On-Demand », des workflows Make réutilisables que l’agent peut appeler comme des outils. Vous créez un scénario « RechercherClientCRM », un autre « EnvoyerEmailPersonnalisé », et l’agent les combine selon le besoin.
Cette approche modulaire permet de construire des bibliothèques d’outils standardisés, réutilisables par plusieurs agents. Make a introduit Make Grid pour visualiser et superviser ces orchestrations complexes, une réponse directe aux demandes de la communauté no-code pour plus de contrôle sur les automatisations autonomes.
Les Fonctionnalités Innovantes En Détail
Autonomie Décisionnelle
L’autonomie des agents Make repose sur leur capacité à prendre des décisions contextuelles. Quand un agent reçoit un message, il ne suit pas un arbre de décision prédéfini. Il analyse le contenu, le compare aux instructions qu’il a reçues et détermine la meilleure réponse.
Cette adaptation en temps réel se traduit par des workflows qui gèrent les cas imprévus. Un client pose une question hors du périmètre habituel ? L’agent peut reconnaître qu’il n’a pas les outils pour répondre et escalader intelligemment plutôt que de planter ou d’envoyer une réponse générique.
Point clé : Les agents Make ne remplacent pas vos scénarios existants – ils les orchestrent intelligemment. Vos automatisations actuelles deviennent des « outils » que l’agent appelle selon les besoins.
Planification Et Raisonnement
Les tâches complexes nécessitent une décomposition en étapes. Demandez à un agent de « préparer un rapport hebdomadaire sur les ventes et l’envoyer à l’équipe », et il va :
- Identifier les données nécessaires (ventes de la semaine)
- Appeler l’outil approprié pour extraire ces données
- Formater les informations en rapport lisible
- Sélectionner le canal d’envoi (email, Slack)
- Exécuter l’envoi aux bons destinataires
Le paramètre « steps per agent call » permet de contrôler la profondeur de ce raisonnement. Un agent limité à 3 étapes sera plus rapide mais moins capable de gérer des missions complexes. À 10 étapes, il peut orchestrer des workflows sophistiqués mais consomme plus de tokens.
Gestion Des Erreurs Et Résilience
La gestion d’erreurs des agents Make reste basique comparée à n8n. Les routes d’erreur classiques s’appliquent, et l’agent peut apprendre du contexte via le LLM pour ajuster son comportement.
Par contre, Make ne propose pas encore de mémoire native longue durée. Si un agent échoue sur une tâche, il ne « retient » pas automatiquement cette erreur pour les prochaines exécutions. Des workarounds existent (stocker l’historique dans Airtable ou Notion), mais c’est un point où n8n garde l’avantage avec ses vector stores intégrés.
Intégrations Et Capacités
L’écosystème Make brille avec plus de 3000 applications connectables : Slack, Gmail, Airtable, Notion, Typeform, Telegram, HubSpot, Salesforce… Chaque intégration peut devenir un outil pour vos agents.
Les entrées multimodales sont arrivées en 2026 : vos agents traitent désormais documents, images et fichiers audio. Un agent peut analyser une facture PDF, extraire les informations et les enregistrer dans votre comptabilité sans intervention humaine.
Côté modèles IA, Make supporte OpenAI (GPT-4), Anthropic (Claude) et permet des connexions vers Hugging Face pour des modèles spécialisés. Cette flexibilité évite l’enfermement chez un seul fournisseur.
Interface Et Configuration
La création d’un agent suit un processus en 5 étapes :

- Créer l’agent : Section « AI Agents » > « Create agent » > Sélection du LLM
- Rédiger le prompt système : Instructions de comportement, contexte métier, outils disponibles
- Connecter les outils : Lier vos scénarios On-Demand avec des noms explicites
- Configurer le déclencheur : Webhook, message Telegram, horaire programmé
- Ajuster les paramètres : Limite de tokens, nombre d’étapes maximum
Le panneau de raisonnement ajouté en 2026 affiche la « pensée » de l’agent : quels outils il considère, pourquoi il en choisit un plutôt qu’un autre. Pour le débogage, c’est précieux.
Cas D’Usage Concrets Et Exemples
Support Client Multicanal
Imaginons une PME qui reçoit des messages via Telegram, Slack et email. Sans agent, trois scénarios séparés avec des logiques dupliquées. Avec un agent :
L’agent reçoit le message (peu importe le canal), analyse l’urgence et le sentiment, vérifie si l’expéditeur est un client VIP dans le CRM, puis décide : réponse automatique pour les questions simples, escalade humaine pour les cas sensibles, priorité aux clients premium. Un seul agent remplace trois scénarios et gère les cas non prévus.
Newsletter Automatisée Intelligente
Créer une newsletter pertinente chaque semaine demande du temps. Un agent peut rechercher les actualités du secteur via Perplexity, sélectionner les plus pertinentes selon vos critères, rédiger un brouillon et le placer dans Gmail pour validation. Le contenu s’adapte automatiquement aux tendances du moment.
Traitement Intelligent Des Formulaires
Un prospect remplit un Typeform. L’agent analyse ses réponses, détermine son profil (prospect chaud, froid, hors cible), enrichit ses données via des outils de scraping, l’ajoute au CRM avec le bon statut et déclenche le workflow de nurturing approprié. Zéro intervention manuelle, segmentation dynamique.
Ces cas illustrent trois bénéfices mesurables : réduction du temps de traitement de 60-80%, diminution des erreurs de routage et adaptation automatique aux cas non standards.
Limitations À Connaître
Les agents ne conviennent pas à tout. Processus hautement réglementés (conformité bancaire, médical) où chaque décision doit être traçable et prévisible ?
Restez sur des scénarios traditionnels. Tâches nécessitant une mémoire contextuelle longue (conversation client sur plusieurs semaines) ? Les workarounds Make restent moins élégants que les solutions n8n. Budgets serrés en tokens ? Un agent qui « réfléchit » consomme plus qu’un scénario figé.
Pricing Et Disponibilité
Les AI Agents sont intégrés aux plans existants de Make, mais leur utilisation consomme des opérations et des tokens IA selon le modèle choisi.
Le modèle tarifaire Make fonctionne par opérations mensuelles (1000 à illimité selon les plans). Un appel d’agent compte comme plusieurs opérations : l’exécution de l’agent lui-même plus chaque outil appelé. Un agent qui utilise 3 outils consomme 4 opérations minimum.
Les coûts cachés potentiels viennent des tokens LLM. Make facture l’utilisation des modèles OpenAI ou Claude selon leur tarification.
Un agent verbeux avec un prompt système long et des réponses détaillées peut coûter plusieurs centimes par exécution. Multipliez par des milliers d’exécutions mensuelles et la facture grimpe.
Pour une PME traitant 500 emails par mois avec un agent, comptez entre 50€ et 150€ mensuels (abonnement Make + tokens). Le ROI reste positif si l’agent remplace plusieurs heures de travail humain hebdomadaire, mais surveillez votre consommation de tokens les premières semaines.
Les agents sont disponibles sur tous les plans payants, avec des limitations sur le plan gratuit. La beta est terminée, les fonctionnalités sont pleinement opérationnelles.
Comparaison Avec n8n Pour L’IA
Le match Make vs n8n sur l’IA mérite une analyse honnête. Les deux plateformes ont des philosophies différentes, et notre comparaison détaillée des agents IA n8n et Make approfondit ces différences.
Approches Fondamentalement Différentes
Make a construit ses agents par-dessus son écosystème existant. Les outils sont des scénarios, l’interface reste no-code, la courbe d’apprentissage est douce. n8n a intégré l’IA nativement dans son architecture avec LangChain, des vector stores (Pinecone, Qdrant) et une mémoire conversationnelle persistante.
Résultat : Make excelle pour déployer un agent rapidement sans toucher au code. n8n permet des agents plus sophistiqués mais demande une compréhension technique plus poussée.
| Fonctionnalité IA | Make AI Agents | n8n |
|---|---|---|
| Architecture | Agents + scénarios comme outils | LangChain natif, vector stores |
| Mémoire | Workarounds nécessaires | Mémoire conversationnelle native |
| Modèles supportés | OpenAI, Claude, Hugging Face | OpenAI, Claude, modèles locaux |
| Self-hosting | Non | Oui (contrôle total des données) |
| Intégrations | 3000+ apps natives | 400+ nodes, HTTP flexible |
| Courbe d’apprentissage | Accessible no-code | Technique requise |
| Cas idéal | PME, marketing, support basique | Dev, IA complexe, privacy |
Quand Choisir L’Un Ou L’Autre
Choisissez Make si vous voulez un agent opérationnel en une heure, si votre équipe n’a pas de développeur dédié, ou si vos besoins IA restent « standards » (tri d’emails, réponses automatiques, orchestration simple).
Choisissez n8n si vous avez besoin de mémoire contextuelle longue, de self-hosting pour des raisons de confidentialité, ou si vos agents doivent intégrer des modèles IA personnalisés ou locaux.
Les deux plateformes peuvent aussi coexister. Make pour les automatisations métier quotidiennes avec agents simples, n8n pour les workflows IA spécialisés nécessitant plus de contrôle. Un webhook peut faire communiquer les deux.
Notre Verdict Et Recommandations
Points Forts Des AI Agents Make
La facilité de déploiement est le premier atout. Un utilisateur Make existant peut créer son premier agent fonctionnel en moins d’une heure. L’intégration avec les 3000+ apps de l’écosystème transforme chaque scénario existant en outil potentiel pour l’agent.
Le panneau de raisonnement apporte une transparence bienvenue. Comprendre pourquoi l’agent a choisi telle action facilite le débogage et l’amélioration progressive des prompts.
Pour découvrir d’autres automatisations Make essentielles pour entrepreneurs, cette transparence reste un avantage clé.
Points D’Attention
L’absence de mémoire native longue durée limite les cas d’usage conversationnels avancés. Les coûts en tokens peuvent surprendre les utilisateurs habitués aux opérations fixes. Et la dépendance au cloud Make (pas de self-hosting) peut poser problème pour certaines entreprises soumises à des contraintes réglementaires.
Pour Qui ?
Les AI Agents Make s’adressent aux PME, équipes marketing, solopreneurs et agences qui veulent automatiser intelligemment sans recruter un développeur. Si vous gérez déjà vos workflows sur Make et trouvez vos scénarios trop rigides, les agents représentent une évolution logique.
Pour les projets IA complexes nécessitant RAG, vector stores ou modèles fine-tunés, n8n reste plus adapté. La bonne nouvelle ? Le marché offre maintenant deux solutions matures pour des besoins différents.
Notre recommandation : Testez les AI Agents Make avec un cas d’usage simple (tri d’emails, réponse FAQ) avant de migrer vos scénarios complexes. L’investissement en temps pour maîtriser les prompts efficaces sera rentabilisé sur tous vos futurs agents.
Conclusion
Les AI Agents de Make.com marquent une étape importante dans la démocratisation de l’automatisation intelligente. En permettant à des non-développeurs de déployer des agents IA autonomes, Make rend accessible ce qui nécessitait hier des compétences en programmation et en machine learning.
Cette évolution influence l’ensemble du marché. Zapier accélère ses développements IA, n8n renforce son positionnement technique, et les utilisateurs bénéficient de cette compétition.
L’automatisation no-code ne se limite plus à « si ceci alors cela » – elle devient capable de raisonnement et d’adaptation.
Pour tester, créez un compte Make (gratuit pour commencer), identifiez un workflow répétitif qui vous agace et construisez votre premier agent.
Les résultats vous surprendront peut-être, ou vous montreront les limites actuelles. Dans les deux cas, vous aurez une opinion fondée sur l’expérience plutôt que sur les promesses marketing.
FAQ
Faut-il des compétences en programmation pour utiliser les AI Agents Make ?
Non, les agents fonctionnent entièrement en no-code. Vous rédigez des instructions en langage naturel et connectez des scénarios Make existants comme outils. La compétence clé est la rédaction de prompts clairs, pas le code.
Combien coûte un agent IA Make par mois ?
Le coût dépend de votre plan Make (à partir de 9€/mois) plus les tokens LLM consommés. Un agent modérément utilisé (500 exécutions mensuelles) coûte entre 20€ et 50€ en tokens selon la complexité des tâches.
Les AI Agents Make peuvent-ils remplacer un employé ?
Ils peuvent automatiser des tâches répétitives qu’un employé effectuait (tri d’emails, réponses FAQ, mise à jour CRM). Mais ils ne remplacent pas le jugement humain pour les décisions complexes ou sensibles.
Quelle est la différence entre un scénario Make et un agent IA ?
Un scénario suit une logique fixe définie à l’avance. Un agent interprète des objectifs et décide lui-même des actions à entreprendre, en utilisant les scénarios comme outils selon le contexte.
Les agents Make fonctionnent-ils avec d’autres modèles que GPT-4 ?
Oui, Make supporte Claude d’Anthropic et permet des connexions vers Hugging Face. Vous pouvez choisir le modèle selon vos besoins de performance, coût ou spécialisation.
Peut-on utiliser les AI Agents Make hors ligne ou en self-hosting ?
Non, Make est exclusivement cloud. Pour du self-hosting avec contrôle total des données, n8n est l’alternative à considérer.
Les agents conservent-ils la mémoire des conversations précédentes ?
Pas nativement. Il faut implémenter des workarounds (stockage dans Airtable, Notion) pour que l’agent accède à l’historique. C’est une limitation par rapport à n8n qui propose une mémoire conversationnelle intégrée.
Combien de temps faut-il pour créer un premier agent fonctionnel ?
Entre 30 minutes et 2 heures pour un agent simple (tri d’emails, réponse automatique). Les agents complexes orchestrant plusieurs outils demandent plus de temps pour affiner les prompts et tester les cas limites.
Les AI Agents Make sont-ils fiables pour un usage professionnel ?
Oui, la beta est terminée et les fonctionnalités sont stables. Mais comme tout système basé sur LLM, les réponses peuvent varier. Prévoyez une supervision humaine pour les tâches critiques et testez abondamment avant la mise en production.
Make ou n8n : lequel choisir pour débuter avec les agents IA ?
Make pour une prise en main rapide et un écosystème d’intégrations plus large. n8n si vous avez des compétences techniques et des besoins IA avancés (mémoire longue, vector stores, self-hosting).
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